À la veille du troisième anniversaire du 7 octobre, une nouvelle réalité apparaît dans la campagne électorale israélienne : plusieurs personnes directement touchées par la tragédie ont décidé de se lancer en politique.

Selon Reuters, au moins neuf candidats aux prochaines élections ont été personnellement marqués par les événements du 7 octobre 2023. Parmi eux, d’anciens militaires, des proches d’otages ou encore des habitants de kibboutzim attaqués ce jour-là. Leur point commun ? La volonté de transformer une tragédie personnelle en engagement public.

Certains soutiennent le gouvernement de Benjamin Netanyahu, d’autres souhaitent au contraire son remplacement. Mais derrière leurs différences politiques, beaucoup expliquent vouloir tirer les leçons du 7 octobre, améliorer la sécurité du pays et restaurer la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

L’histoire de Noam Tibon est particulièrement symbolique. Cet ancien général avait traversé le pays le 7 octobre pour rejoindre son fils et sa famille piégés dans le sud d’Israël. Aujourd’hui, il fait partie de ceux qui ont choisi de poursuivre leur combat, cette fois dans l’arène politique. D’autres candidats ont perdu des proches ou ont vécu directement les attaques dans les kibboutzim ou au festival Nova.

Et le calendrier donne à cette campagne une dimension particulière. Israël s’apprête à commémorer les trois ans du massacre : demain, 7 octobre, plusieurs cérémonies et rassemblements sont prévus à travers le pays, tandis qu’une minute de silence doit notamment être observée à 6 h 29, l’heure du début de l’attaque.

À trois semaines des élections, la question est donc peut-être moins de savoir qui gagnera que de comprendre ce que les Israéliens veulent faire de cette immense blessure nationale.

Une chose est certaine : pour certains survivants et familles endeuillées, le 7 octobre ne sera pas seulement une date de mémoire. Il devient aussi un point de départ pour tenter de changer le pays.