À quatre jours des élections législatives israéliennes, la campagne électorale prend une nouvelle dimension : celle de l’intelligence artificielle. Au-delà des affiches, des meetings et des débats télévisés, les réseaux sociaux deviennent un terrain de confrontation où les images et les vidéos peuvent être fabriquées, modifiées et diffusées en quelques minutes.
Selon une enquête relayée le 23 octobre par Courrier international, qui s’appuie notamment sur les données du quotidien économique israélien Globes, les contenus générés par intelligence artificielle se multiplient à l’approche du scrutin du 27 octobre. Dès le mois d’août, le journal économique Calcalist avait recensé plus de 1 000 publications politiques créées, au moins en partie, grâce à l’IA, sur un ensemble de 8 611 publications étudiées.
Le phénomène concerne plusieurs formations politiques. Le Likoud figure en tête des contenus identifiés dans cette étude, notamment en raison de sa campagne pour les primaires internes. Mais l’utilisation de ces outils dépasse largement le parti de Benyamin Netanyahou.
Le danger est évident : une vidéo truquée montrant un candidat tenir des propos qu’il n’a jamais prononcés peut rapidement devenir virale. Et même lorsqu’un démenti est publié, il n’est pas certain qu’il atteigne autant de personnes que la vidéo originale.
Cette évolution pose une question fondamentale aux électeurs israéliens : comment distinguer une véritable déclaration politique d’un montage conçu pour manipuler l’opinion ?
L’enjeu est d’autant plus important que ce scrutin intervient dans un contexte de fortes tensions sur la sécurité, la responsabilité politique après le 7 octobre 2023, le service militaire des ultraorthodoxes et l’avenir de la coalition gouvernementale.
L’intelligence artificielle peut pourtant aussi servir à mieux informer les citoyens, à traduire les programmes et à rendre les débats plus accessibles. Tout dépend donc de l’usage qui en est fait.
À quelques jours du vote, une nouvelle responsabilité incombe aux électeurs : ne pas croire automatiquement ce qu’ils voient sur leur téléphone, vérifier les sources et se méfier des images trop spectaculaires.
Car dans cette campagne, le risque n’est plus seulement qu’un candidat raconte des histoires. C’est désormais qu’une machine puisse les raconter à sa place… avec un réalisme parfois troublant.
