Le Parlement israélien traverse une période de fortes turbulences législatives. Au centre des débats figure la question explosive de l'enrôlement militaire des étudiants de yeshiva ultra-orthodoxes (haredim). Longtemps repoussé par des compromis politiques successifs, ce dossier est devenu intenable pour la coalition au pouvoir sous la pression conjointe de la Cour suprême, de l'état-major de Tsahal et des familles de réservistes. Ces derniers, mobilisés pendant des mois, dénoncent une rupture flagrante de l'égalité devant l'effort national face aux besoins accrus en effectifs de l'armée.

Pour le Premier ministre et ses partenaires de coalition, l'équation s'avère périlleuse. D'un côté, les partis ultra-orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah menacent de faire chuter le gouvernement si une loi sanctionnant financièrement ou pénalement les réfractaires est adoptée. De l'autre, les députés de l'aile plus nationaliste et les membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense refusent de voter un texte qu'ils jugent vide de quotas contraignants. Au-delà du strict cadre parlementaire, cette crise révèle une fracture sociétale profonde entre laïcs, religieux sionistes et orthodoxes, redéfinissant les lignes de partage de la politique israélienne.